Description du projet : La carte de vie quotidienne de la ville du Port doit permettre à chaque famille de la ville du Port, quel que soit le niveau de ses ressources, d’accéder plus facilement aux divers services, activités et prestations proposés dans la ville, grâce à des tarifs adaptés et pondérés.
Type d’initiative : Carte de vie quotidienne multiservices
Territoire de projet : Le Port - La Réunion
Porteur(s) du projet : Ville du Port
Date de lancement : 10/2002
Avancement (à la date de recueil) : Opérationnel
Date de recueil de l’information : 09/2006
_ Cible : Grand public, citoyens
Thèmes, domaines d’action : Administration et services publics
Niveau de territoire de projet : Communal
Régions : La Réunion
La ville industrielle du Port a connu une transition économique délicate. Elle a l’image d’un "quartier difficile" de La Réunion.
Un grand nombre d’actions est cependant mis en oeuvre pour dynamiser et réhabiliter la ville : aménagement de la zone portuaire et ouverture de la ville sur la mer, installation de l’Ecole des Beaux-Arts et de Pipangaï, unité de production de dessins animés, lancement d’un technoport, etc.
La ville ne dispose pas d’un site Internet mais ouvrira sans doute prochainement un espace public d’accès Internet, dit cyber case.
Le lancement de la première carte de vie quotidienne à La Réunion par la mairie du Port, le devancement de l’appel à candidatures sur les CVQ de l’Etat, montre la volonté d’utiliser les TIC comme outil de cohésion sociale.
Objectifs :
simplification de la vie des Portois dans leur ville,
participation au dynamisme associatif et économique,
contribution à l’image d’une ville jeune, moderne et solidaire.
Enjeux :
égalité des chances face aux loisirs, activités extra-scolaires, service public avec des tarifs liés aux revenus familiaux,
amélioration du service public,
augmenter la fréquentation des équipements sociaux répartis sur la ville.
Ce sont :
la mairie du Port,
le centre communal d’action sociale du Port (C.C.A.S.),
les associations : Village Titan, ADAP, association des commerçants.
La carte TOTEM est personnalisée avec une photo d’identité, les noms et prénoms. Elle se compose d’une puce informatique et d’un code-barre. Son système de paiement est sécurisé, confidentiel et souple, afin de permettre des démarches plus faciles. Son coût de revient est de 11 euros. Gratuite la 1ere fois, la carte est remise sous caution en cas de perte ou de vol.
Il existe en fait 2 sortes de cartes :
Une carte "responsable de famille" qui fonctionne avec et sans contact, la puce à contact permettra sous peu d’enregistrer les points de fidélités acquis dans le réseau des commerçants de centre ville.
Une carte remise aux membres de la famille qui fonctionne à l’aide d’une puce sans contact.
L’ensemble des consommations est regroupé sur un compte famille qui peut être rechargé au guichet ou sur des bornes de rechargement.
Les prestations liées à la carte TOTEM :
gestion de la restauration scolaire ;
accueil pré et post scolaire ;
gestion des crèches municipales et associatives ;
portage des repas aux personnes âgées ;
aide ménagère à domicile ;
fonctionnement de la piscine municipale ;
accès aux activités culturelles et sportives gérées par le réseau associatif.
L’extension du dispositif s’est faite en fonction des résultats observés sur les sites pilotes. Ainsi l’aide ménagère n’a pas fourni de résultats suffisamment concluants pour permettre son déploiement. Le reste du périmètre du projet reste concerné et se déploie au rythme de chaque gestionnaire.
Les statistiques sont produites et analysées régulièrement en vue d’actionner les leviers de recettes et de dépenses prévisionnelles.
Les utilisations possibles seront orientées en direction de toutes les catégories d’habitants de la ville du Port : enfants, adultes, personnes âgées bénéficiant de prestations directes du C.C.A.S., de la ville ou du réseau associatif.
En juin 2004, 4100 cartes étaient déjà distribuées. A terme le dispositif devrait porter sur 40 000 cartes.
Etant donné sa nouveauté, le projet est financé dans le cadre de la mesure A905 du DOCUP 2000-2006 "Rapprocher l’administration du citoyen par les NTIC" :
Le montant total de la phase pilote est de 221 499 €
Participation de l’Europe (FEDER A9 05) : 132 899 € Participation de la Région : 44 300 € Participation du CCAS : 44 300 €
Phase de généralisation : 169 325 € Participation de l’Europe (FEDER A9 05) : 95 774 € Participation de la Région : 31 925 € Participation du CCAS : 41 624 €
Phase pilote du projet :
Février 2002 : lancement du marché. Mi-juin 2002 : attribution du marché. Mi-juillet 2002 : passation de commandes. Octobre 2002 : début des livraisons, installations puis formation. 28 octobre 2002 : entrée en service des sites pilotes.
L’équipement est limité à la restauration et à l’accueil pré et post-scolaire (pour trois groupes scolaires), ainsi qu’à la livraison de repas aux personnes âgées.
Carte TOTEM (phase 2) :
2003 : Extension à d’autres services aux habitants du Port : cette phase du projet porte sur l’équipement de 3 mairies annexes, 3 groupes scolaires, et de l’ensemble du réseau d’aides ménagères. Entrent également dans le projet la formation de gestionnaires et d’utilisateurs (écoles, billetteries, aides ménagère), l’assistance à maîtrise d’ouvrage, ainsi que l’organisation de l’Espace Musique (station de saisie, encodeur, portillon, billetterie).
2004 : Janvier 2004 à juin 2006 déploiement du dispositif scolaire (présence, restauration, accueil périscolaire) sur les 31 écoles de la ville.
2005 : L’interopérabilité est inscrite dans le Schéma Directeur TIC de la communauté d’agglomération (le TCO). La validation technique au niveau des équipements de cette interopérabilité a été effectuée entre les villes de Le Port, La Possession et les bus scolaires pilotes équipés par le TCO.
2006 : Rencontre avec les autorités responsables des collèges et des lycées de la ville du Port pour leur présenter le carte Totem.
2007 :
Entrée en chantier du projet d’interopérabilité porté par le TCO, en débutant par la mise en place prochaine d’un groupe de travail mettant en commun les expériences les plus avancées comme celle du projet de la Carte TOTEM.
Plusieurs visites de sites ont été effectuées notamment à Blagnac, La Roche-sur-Yon et Noisy-le-Grand afin de prendre connaissance des projets mis en oeuvre.
Ce sont :
cartes à puce (sans contact pour la plupart des utilisations prévues),
matériel, logiciel de base et câblage,
protections électriques,
bornes de lecture fixes ou portables (matériel, raccordement local et distant),
portillons ou tourniquets d’accès,
encodeurs,
études (dossiers de choix et rédaction des appels d’offre),
bornes de rechargement (situées à des endroits stratégiques de la commune).
La mairie est intervenue en tant que propriétaire des écoles. Le maire est également le président du C.C.A.S.. Mais les agents municipaux ne sont pas intervenus dans le projet ni dans sa mise en œuvre.
Ce sont :
le livret « Guide Totem »,
des publications dans les journaux : Le Quotidien, Le Journal de l’Ile, Témoignages,
les plaquettes de la ville du Port,
la mise en place d’un numéro Vert (gratuit) pour obtenir des informations sur le fonctionnement de la carte Totem.
La phase pilote (2002) comprenait :
le site central dans les locaux du C.C.A.S.
trois groupes scolaires (Eugène Dayot, Georges-Thiébaut et Raoul Fruteau)
le portage des repas aux personnes âgées
deux personnes effectuant l’aide à domicile
une crèche gérée par le C.C.A.S.
La seconde phase (2003-2004) portait sur l’équipement d’espaces publics :
3 mairies annexes (3 stations de saisie de la carte ville + 3 encodeurs)
l’Espace Musique (station de saisie, encodeur, billetterie)
la formation des gestionnaires et utilisateurs (école, billetterie, aides ménagères)
l’assistance à maîtrise d’ouvrage
4 groupes scolaires et 1 maternelle , que le C.C.A.S. a choisis en concertation avec les établissements et les inspecteurs académiques avec dans chaque groupe installation d’une borne maître et de 3 bornes secondaires.
En juin 2004, 4100 cartes ont été distribuées.
En 2006, le dispositif concerne :
31 écoles
1 site petite enfance : Le Jardin d’enfant
2 associations : Association pour le développement de l’animation portoise (ADAP) et le centre culturel Village Titan
la piscine municipale Jean-Lou Javoy
3 terminaux de consultation de comptes et de paiement dans les mairies annexes
Ce qui représente près de 10 000 cartes mises en circulation à ce jour.
Le système de points de fidélité chez les commerçants est encore au stade de projet, le montage faisant intervenir le tissu économique privé.
La mise en oeuvre de la carte ville Totem a apporté :
une reconnaissance de la ville au niveau régional et national (publicité du projet par l’ADAE),
un impact sur l’emploi local (les postes créés sont plus ou moins directement associés au projet).
Les analyses qualitatives et quantitatives menées montrent une réelle appropriation du dispositif par la population (compréhension du mode de prépaiement, approvisionnement suffisant des comptes, utilisation des bornes de rechargement des comptes,…).
En mars 2003, l’Etat a lancé un appel à candidatures pour le développement des cartes de vie quotidienne. La ville du Port a devancé cet appel en déployant sa carte dès 2002. C’est la première commune de l’île à mettre en place un projet de carte multiservices, ce type de produit étant depuis lors diffusé au niveau national.
La carte TOTEM permet de masquer les différences de revenus entre les foyers et la péréquation faite au niveau des tarifs des activités. En terme social, ce gommage virtuel des ressources familiales encourage l’usage des services publics et la consommation.
Le suivi d’indicateurs clés montre une amélioration des :
taux d’impayés,
fréquentation (effet lié au passage du débit au repas pris en remplacement du forfait),
nombres de repas préparés en cuisine centrale (précisions fournies par les pointages « du matin »).
La démonstration d’une carte multiservices est susceptible d’entraîner l’intérêt des autres communes de l’île pour ce type de projets. Les produits choisis par le C.C.A.S. du Port disposent d’interfaces ouvertes et devraient donc être interopérables avec l’ensemble des solutions proposées en France.
En l’occurrence, les villes de La Possession (carte Jujube) et Saint-Paul (carte Paille-en-queue) ont engagé ce type d’initiatives, avec comme ambition l’interopérabilité, à savoir qu’une seule carte puisse servir sur l’ensemble d’un territoire (le TCO : Territoire de la Côte-Ouest) ou qu’un habitant d’une commune puisse bénéficier des services d’une autre commune.
La pertinence de la carte Totem sera évaluée sur la base de critères "avant-après" afin de mettre en évidence les gains générés dans les diverses activités :
fréquentation de l’équipement,
sondage de satisfaction du fonctionnement,
sécurité des personnes dans les lieux utilisant la carte,
sécurité des biens des équipements utilisant la carte,
horaires d’ouverture,
dynamisme économique,
image de la ville : apparition dans les médias,
évolution des effectifs associés au fonctionnement des équipements.
Les liens étroits entre une ville et son C.C.A.S. permettent de garantir la pérennité du financement communal dans les années futures.