Thèmes, domaines d’action : Aménagement urbanisme habitat transport , Education formation recherche
Niveau de territoire de projet : Régional
Départements : Corse-du-Sud (2A) , Haute-Corse (2B)
Régions : Corse
Mots-clés "transversaux" : Accès public à internet
La CTC, Collectivité Territoriale de Corse, poursuit un plan volontariste de maillage en fibre optique associé à des solutions alternatives afin de donner l’accès au haut débit à tous ses habitants. Dans le même temps, elle a initié des actions significatives ayant pour objectif de développer les usages des nouvelles technologies et d’en mesurer l’impact. Ce plan passe par la création de 24 P@M, Point d’Accès Multimédia.
L’objectif des P@M est de favoriser la cohésion sociale, le développement culturel local,et la lutte contre la fracture numérique rurale/ littoral. Les P@M doivent également accompagner la mutation des services publics. Par l’initiation aux Technologies de l’Information et de la Communication (TIC), ils doivent les promouvoir et démocratiser l’usage d’Internet et du multimédia et un outil pour le développement personnel, la formation, l’emploi, le développement économique, la culture et le tourisme régional, l’animation… Ces lieux doivent privilégier l’innovation et la création, et à terme mailler le territoire Corse. Les P@M constituent autant de pierres angulaires sur lequel s’appuyer pour favoriser et développer la vitalité des territoires qu’ils couvrent.
Ce qui fait la valeur d’un P@M, ce sont les usages proposés par les animateurs, responsables de ces espaces. L’animateur est là pour aiguiller, accompagner et enfin initier les différents publics, quel que soit leurs niveaux, aux outils et aux usages du multimédia et d’Internet (bureautique, création ou retouche d’image, initiation ou création web, recherches d’informations…). Il peut répondre à toutes interrogations face à l’outil multimédia. Que le public soit débutant ou utilisateur confirmé, le P@M met les nouvelles technologies à son service et à sa portée. Sa convivialité en fait un lieu de vie ouvert à tous.
MITIC / Collectivité Territoriale de Corse (CTC) et les communes et associations : L’Ile Rousse, Lama, Morosaglia, Oletta, Olmeto, Ghisonaccia, Santa Maria Poghju, Solaro, Urbalacone, Vescovato, Piedicroce, Belgodere, A Rinascita, U fium’altu.
Une quarantaine d’animateurs, souvent des contrats aidés (6 contrats emploi-jeune, 4 CEC, 2 CAE )de l’autodidacte au BEATEP Animation ou DESS. Statu d’agent de niveau équivalent C en moyenne. Convention spécifique pour les P@M portés par des associations. Sur les 24 P@m en activité, trente six personnes animent les P@M, la part féminine est plus importante. En effet 22 animatrices sont recensées, contre 14 animateurs. Il n’ y a pas toujours de chefs de projets (référent action et politique). Quand ils sont là, ils sont souvent très absents. Souvent son action va de l’entretien à la recherche de partenaires et la mise en place de projets.
A coté des services de base fournis (prise en main des outils, recherche thématique, courrier électronique, …) et des services TIC avancés : outils numériques complexes, vidéo, audio, édition de sites web, …, sont offerts des usages sociaux associant les TIC (téléchargement de formulaires, téléprocédures en ligne, recherche d’emploi sur le web, soutien scolaire, Internet associatif, initiation aux cultures, lutte contre l’illettrisme, accompagnement différencié pour les publics en difficulté…) ; ces services sociaux découlant de la mission d’intérêt général du lieu d’accès public.
En 2005 les usagers venus déclarer leurs revenus dans les P@M ou s’informer sur la procédure ont été nombreux. En 2006 afin d’anticiper la demande, la direction des services fiscaux de Haute Corse a contacté la MITIC pour accompagner et informer les animateurs sur la procédure de la déclaration des revenus sur internet. Ce rapprochement se matérialise par la diffusion aux P@m de ressources pour les animateurs et usagers et une permance (selon la demande) sur site. En parallèle au niveau national, par le biais du portail www.cyber-base.org les usagers pourront trouver des fiches d’information sur la déclaration en ligne, les animateurs auront accès à des ressources juridiques et des fiches pratiques. Ce partenariat permettra d’accroître la qualité du service offert.
Dans de nombreuses collectivités accueillant les P@M, des associations développent leur activité en liaison étroite avec la réalité locale. Les P@M sont pour elles des lieux ressources spécialisés où ils peuvent trouver compétences et machines. Ce positionnement transversal marque bien la dimension incontournable qu’ont prise les TIC dans la vie des Corses, même dans les villages les plus reculés. Quelques exemples significatifs : • Vescavoto : atelier du Mercredi pour les enfants de 8 à 12 ans autour d’un « carnet de route multimédia ». • Ile Rousse : Travail avec les associations locales, par exemple Association PAJE qui utilise le P@M pour certaines de ses activités de soutien scolaire de 52 collégiens et quelques enfants du primaires. Les résultats montrent que le dispositif est plutôt efficace.
Fruits de leur implantation locale et de leur professionnalité, les P@M constituent dans certains cas des plates formes de travail suffisamment fédératrices pour supporter une véritable action de développement économique local. Ainsi, l’expérience de la vallée de Cruzzini est exemplaire : le P@M accompagne les associations et collectivités locales pour favoriser le développement d’un portail dont l’objectif principal est de valoriser le patrimoine et l’offre touristique de tous les villages de la vallée réunis dans une visibilité commune favorisant leur développement. Egalement, en partenariat avec la Chambre des métiers, des stages d’initiation aux TIC sont organisés à destination des artisans.( en projet ) Projet également avec CCI 2B d’utiliser les PAM au plus près de leurs ressortissants.
Partenariat avec l’ANPE. (convention directe avec les P@M). Accord avec la Région pour faire circuler l’information. L’ANPE va faire une formation auprès des animateurs pour les préparer au premier entretien. Pas de rémunération pour le P@M. Bonne remontée des agents de l’ANPE qui viennent dans les P@M (ex PAM D’OLETTA). Ceux qui sont labellisés BIJ /CRIJ peuvent proposer des stages (50€ de l’heure) et faire passer des brevets informatiques. (ex PAM de FOLELLI). Avec les Impôts pour la tele déclaration : journée à thème dans les pam avec permanence d’un correspondnat (ex Pam de VENTISERI) La chambre des métiers : les conventions sont difficiles à concrétiser. Des problèmes administratifs. Les avancées sont timides. La CCI de Htes Corse : télétravail, info, e-admin, e-commerce. Programme « agorathèque » en phase d’élaboration du projet.
Le dispositif des P@M s’inscrit dans une logique de partenariat CTC / collectivités. Il s’appuie sur le label national de la charte NETPUBLIC signée avec l’Etat en juin 2005. Cette Charte fixe le cadre général du développement des lieux d’accès public à l’Internet, au service d’une appropriation des TIC et de leurs usages par le plus grand nombre. Les avantages liés à l’adhésion sont multiples : • Avoir une signalétique commune complémentaire du label P@M • Bénéficier de tarifs privilégiés pour l’accès à des logiciels, matériels et services • Donner accès aux animateurs à une formation universitaire à distance • Expérimenter en avant première de nouveaux services, de nouvelles technologies… Le dispositif s’appuie également sur la plate forme nationale de services et de contenus de "CDC numérique" accessible depuis tous les P@M de Corse.
P@M d’AJACCIO (CRIJ de Corse) P@M de CALVI P@M de CERVIONI P@M de CORTE P@M de COZZANO P@M de FOLELLI P@M de GHISONACCIA P@M de l’ILE ROUSSE P@M de LAMA P@M de MOROSAGLIA P@M d’OLETTA P@M d’OLMETO P@M de PALASCA P@M de PIEDICROCE P@M de PIETRALBA P@M de la Plaine de PERI P@M de ROSAZIA P@M de SANTA-MARIA-POGGIO P@M de SOLARO P@M de TOMINO P@M d’URBALACONE P@M de VALLE d’OREZZA P@M du Venacais P@M de VESCOVATO
Les P@M accueillent le grand public, les associations, les sociaux professionnels. Ils accueillent également les demandeurs d’emploi et des personnes en formation ou téléformation, et des publics spécifiques.
Le dispositif des P@M s’inscrit dans une logique de partenariat CTC / collectivités. Celui-ci se traduit par un financement de la CTC de 80% jusqu’en 2004. Depuis 2005, 75%, la collectivité devant embaucher un animateur et fournir un local.
Fin 2001 Premier appel à projet : 14 sites ouverts. : expérience pilote. 2003 : règlement de généralisation : 2° appel à projets :16 de retenus. Critères de sélection : financement (80%), , mise à disposition d’un local, retour d’information sur suivi des P@M, ouverture à tout public plus critères d’animation,adhésion au portail P@M …. Une expérience pilote basée sur la création de Points d’accès multimédia (P@M) a été lancée avec un Appel à candidatures durant l’année 2001. L’objectif de cette expérimentation était d’implanter dans plusieurs communes des lieux de découverte, d’initiation et d’utilisation des technologies multimédias et de l’Internet. La CTC a financé une large partie de l’équipement (80%), les communes et les associations ont mis à disposition du public un local ainsi qu’un animateur. Ces dernières ont été sélectionnées sur des critères précis, afin de constituer un échantillonnage type pour mener à bien cette expérience et pouvoir la généraliser à une plus grande échelle. Depuis 2004, plutôt que de multiplier le nombre des points (ce qui était initialement prévu), la CTC /MITIC a porté son effort sur 3 points : • La formation des animateurs, • L’acquisition d’une plate forme support de l’animation, • La préfiguration d’un pôle d’accompagnement à la diffusion des usages : un animateur « régional » est en cours de recrutement pour favoriser la dynamique de terrain.
Depuis 2006 : Appel à projets à destination des structures existantes ou des communes qui voudraient s’équiper. Plus de recherche de partenariat, de mutualisation avec le local, les communes doivent financer à 100% l’animateur, bien qu’il y ait une aide à l’animation prévue dans l’AAP selon certain critère d’animation. Projets intercommunaux.
Le choix du dispositif dans cette première phase expérimentale a été de lancer un Appel à candidatures qui s’est traduit par 30 réponses dont 14 ont été retenues. Les critères ont été : engagement de la mairie à financer les 20% et la mise à disposition d’une personne. Le comité de pilotage composé du Président de l’ADEC et de chaque représentant de groupe politique à l’assemblée de corse s’est attaché à composer un panel de situations représentatif du territoire Corse.
Suite à l’excellent bilan de cette expérience la phase de généralisation a été lancée mi 2003 sur quarante réponses 27 ont été retenues- 24 Pam ont ouvert 3 ont des difficultés dans leur phase de réalisation du projet.
Depuis novembre 2005, afin d’offrir une identité de ressources à l’ensemble des P@M, la CTC a financé l’acquisition de la Plate forme régionale Cyberbase qui fournie un ensemble de services et d’outils parmi lesquels : • Des fiches d’initiation à l’informatique et divers ateliers de formation à Internet ; • L’accès à des forums régionaux et nationaux touchant à l’organisation des espaces publics numériques (on compte aujourd’hui en France plus de 3500 espaces de ce type) • L’accès à des services publics numériques d’insertion professionnelle, d’administration électroniques … • Des ressources encyclopédiques ou d’actualité, • Des rubriques personnalisables pour chacun des P@M…. Les P@M sont généralement équipés de : 6 à 12 postes connectés Ht Débit (sauf 4 en Numéris). Les plus petits ont 4 postes. Scanners, imprimantes, vidéoprojecteurs, certains, des camescopes. Plus de l’équipement à la demande pour des projets très spécifiques, avec du matériel professionnel. Le local doit répondre à des normes de visibilité et de confort.(normes ERP)
Les P@M sont structurés avec : • 1 Chef de projet (DGS, Maire ou adjoint, secrétaire général, … Président d’association, comité de pilotage d’association) • En général il y a 1 animateur. Dans certaines, il y en a 2 (souvent des emplois jeunes qu’il va falloir titulariser en 2007. Souvent il est prévu qu’une seule titularisation.
Le niveau de base des animateurs était jusqu’alors plutôt bas.
Désormais il se professionnalise par des formations qualifiantes. Elles peuvent être délivrées par les administrations (ANPE par exemple). Depuis 2005, une formation qualifiante continue est organisée pour les animateurs. L’objectif de cette formation est de leur permettre d’assumer pleinement la multiplicité et la diversité des fonctions de médiations que les animateurs P@M gèrent au quotidien. Elle est constituée de deux volets principaux : • la maîtrise technique de l’outil informatique • la maîtrise en pédagogie et en animation Ils ont pu passer l’examen national du C2i “Certificat Informatique et Internet” qui atteste de compétences dans la maîtrise des outils informatiques et réseaux.
De guides TI sur papier sur les différents thèmes liés aux TIC Le site MITIC Portail Cyberbase avec ses ressources avec une journée spécifique de promotion, journées porte ouvertes, Promotion au travers le livre blanc. Toute la promotion autour de la MITIC.
L’attachement des élus au P@M de leur commune est significatif de la rencontre du dispositif avec son public. La nature des usages accompagne l’évolution du niveau de compétence général de la population. Le taux de fréquentation est important. : Si au terme de l’année 2002 plus de 15000 personnes avaient fréquenté les P@M, le nombre d’usagers dépassait les 22 000 fin 2003, plus de 24 000 en 2004 et en 2005 plus de 45000 personnes ont été recensées. Cette augmentation brutale tient au fait que le nombre de P@M entre les années 204 et 2005 est passé de 14 à 26. Cependant même si le nombre de P@M a doublé le fort attrait de la population est toujours constant au fil des ans.
Depuis novembre 2005 à effectif constant (26) : 1293 inscrits, en décembre, 2040, janvier, 2622, en février 2969, en mars, 3297, en avril 3595.
L’AAP 2005 est issu de la nécessité de projeter le dispositif P@M pour l’adapter aux enjeux de la Société de l’information mais aussi aux ambitions en terme d’aménagement du territoire de la Collectivité. Il a été demandé à la MITIC d’évaluer le dispositif P@M et d’engager un dialogue avec les acteurs locaux afin de valoriser le dispositif autour d’une politique territorialisée en phase avec les orientations TI de la Région. A l’issue de l’évaluation réalisée par la MITIC du dispositif régional des P@M (en concertation avec des structures nationales portant les 3500 EPN existant en France) il s’avère que le dispositif actuel doit être réformé afin qu’équilibrage local, régional et national des P@M leur permettent de pérenniser tant leur structure que les nouveaux métiers qu’ils ont su créer
Le succès et la reconnaissance des P@M ne doivent pas masquer les questions que se posent les acteurs de terrain. En effet, cet ancrage dans la vie locale s’il montre son aspect indispensable montre également combien les P@M doivent maintenant changer de statut. Ils doivent professionnaliser leurs animateurs, élever le niveau de compétence, devenir force de proposition. L’établissement d’une charte de qualité est d’ailleurs en réflexion. Désormais, à côté de leur mission d’initiation, ils doivent d’une part devenir les lieux de l’expérimentation et de l’imagination et, d’autre part, devenir des acteurs de service public favorisant et renforçant les liens sociaux, médiateurs de l’insertion et de l’administration. Ce désir de mutation, commune à la plupart des EPN, correspond également à l’évolution de leur mode de financement et de leur pérennité.
Preuve de la très forte implication régionale, l’appel à projet lancé en 2005 par la CTC / MITIC relance le projet des P@M dans une perspective à long terme. Les financements FEDER seront mobilisés. Ce financement pourra porter sur de l’investissement et du fonctionnement (financement d’un quota d’heure d’animation plafonné à 30000 € sur 3 ans au prorata d’un niveau d’investissement au moins équivalent) à hauteur de 75%.
L’une des grandes interrogations posée par l’évolution (positive) de l’activité des P@M est celle posée par le statut de l’intervenant local. En effet, son champ de compétence doit s’étoffer techniquement car la population est de plus en plus formée aux usages de base. Il doit également faire face aux demandes du public qui vient utiliser le « guichet administratif », la fonction de portail d’accueil des grandes administrations. Ce nouveau rôle le rapproche de plus en plus du travailleur social et une qualification doit être développée en ce sens. Le statut ne doit-il pas accompagner ce changement ? Localement, les « décideurs » participent peu à la mise en place des projets et des stratégies. Ils laissent toute liberté à l’animateur. C’est une bonne chose car ce dernier peut développer son initiative. Cependant, a-t-il la compétence et le recul nécessaire pour élaborer des projets plus ambitieux pour les usagers ou la collectivité ? Heureusement, la Région a une vision attentive et stratégique de son territoire numérique.
Une fréquentation en hausse constante, une diversité de la demande, une sophistication des interventions : tous les indicateurs d’impact sont positifs.
La forte mobilisation régionale, la recherche de ressources de financement externes avec mobilisation des crédits ETAT et FEDER assurent la survie « administrative ». La dynamique de réseau, le maillage du territoire, la professionnalisation des animateurs, la réflexion qualité (y compris sur les débits) et le repositionnement des services offerts assurent le lien de ces structures avec leur environnement local.
Tout est conçu pour faciliter la modélisation des mises en place. Cette approche analytique garantie la reproductibilité de la démarche : • le niveau de portage (régional) • la mobilisation en réflexion (au moment de la création mais aussi pour l’évaluation de ce qui est fait) • la mise en perspective au regard des évolutions : ressources / animation / objectifs / statut
L’expérience confirme les conclusions de nombreux autres dispositifs semblables et de l’étude menée par le groupe La Poste sur ce sujet : la pertinence des Points Publics ne diminue pas avec la généralisation des équipements. Ces points sont particulièrement appréciés par les personnes qui recherchent de l’aide dans le domaine de la e-administration ainsi que dans les stratégies de formation et d’animation locale. Ils constituent des socles techniques très utils pour le tissu associatif existant. Les P@M ont fait la démonstration qu’ils participaient à la réduction des inégalités géographiques, culturelles, sociales, économiques. Ils constituent aujourd’hui un moyen efficace pour réduire l’inégalité numérique entre les populations. Il est très important de doter ces “lieux d’accueil” d’animateurs dédiés à l’animation du “territoire numérique” afin d’en faire un véritable espace de médiation physique et virtuel, un centre de ressources intégré au réseau de la communauté électronique territoriale.