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Rhône-Alpes
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Détente et formation aux usages de l’Internet

Initiative analysée (monographie) rédigée par Guillaume Babin publié le 20 août 2007, mise à jour le 20 août 2007.


Description du projet : Dans le cadre du programme "Vercors Haut Débit" initié par le Parc Naturel Régional du Vercors, pour expérimenter des technologies alternatives à l’ADSL, trop coûteux à mettre en oeuvre. La commune de Saint-Julien-en-Quint s’est équipée d’un réseau de transmission de données à Haut Débit via satellite (connexion WiFi).

Type d’initiative : Expérimentation des technologies alternatives d’accès à l’Internet haut débit
Territoire de projet : La commune de Saint-Julien-en-Quint
Porteur(s) du projet : Municipalité de Saint-Julien-en-Quint, Parc Naturel Régional du Vercors
Date de lancement : 2003
Avancement (à la date de recueil) : Opérationnel depuis juillet 2004
Date de recueil de l’information : 03/2007
Cible : Population de Saint-Julien-en-Quint, mais seulement 80% des demandeurs sont couverts

Thèmes, domaines d’action : Aménagement urbanisme habitat transport

Niveau de territoire de projet : Communal

Mots-clés "outils" : WiFi

Départements : Drôme (26)

Régions : Rhône-Alpes

Date de lancement du projet : 2003

Mots-clés "transversaux" : désenclavement

1- Contexte et objectifs du projet

1.1 Contexte et origine du projet

Située au nord-est de Die (Drôme), la commune de Saint-Julien-en-Quint (142 habitants permanents, 300 l’été) est composée d’un centre et d’une vingtaine de hameaux au coeur d’un cirque rocheux formé par les falaises du Vercors qui culminent vers 1450 m.

Petit village rural isolé dans le massif du Vercors, Saint-Julien-en-Quint s’est porté volontaire en 2003 dans le cadre du programme "Vercors Haut Débit" initié par le Parc Naturel Régional du Vercors (PNRV), pour expérimenter des technologies alternatives à l’ADSL, trop coûteux à mettre en oeuvre.

Avec le soutien du FEDER, dans le cadre du programme Objectif 2, la commune s’est équipée d’un réseau de transmission de données à Haut Débit via satellite (connexion WiFi), opérationnel début juillet 2004.

1.2 Objectifs et enjeux

Cette implantation du haut débit participe au développement des usages des TIC par le Haut débit et contribue à développer des activités économiques nouvelles, à favoriser l’activité culturelle et à assurer de meilleurs services à la population dans une zone rurale à habitat dispersé.

2- Description et organisation du projet

2.1 Les acteurs du projet

Cette opération a été menée par la Mairie de St Julien en Quint en partenariat avec le Parc Régional du Vercors dans le cadre des expérimentations « Vercors sans Fil ». Le Conseil Général de la Drôme a également collaboré au projet, dans le cadre de son opération « Zones Blanches ». Il en est de même pour la Société Aramiska qui a remporté l’appel d’offre pour l’Internet satellitaire. Enfin, la société "territoires sans fil" (http://www.territoires-sans-fil.net/) a également apporté son soutien à l’initiative de Saint-Julien-en-Quint.

2.2 Les services proposés

La connexion WiFi permet l’interconnexion d’ordinateurs sur des réseaux locaux sans fil à haut débit via les ondes radio.

En plus de l’accès à Internet, les utilisateurs de la commune bénéficieront des avantages d’un réseau local à haut débit afin de partager des documents en temps réel, développer de nouvelles applications : conseil municipal en ligne, journal local, assistance par visioconférence aux personnes âgées …

Ce réseau local à haut débit devrait permettre la mise en place d’un groupe de formation à l’usage des TIC et aussi d’ateliers de formation au langage et à la terminologie informatique, mais aussi proposer des services marchands et bien d’autre services (télé-enseignement, veille sanitaire,…).

2.3 Les publics bénéficiaires

Lors de l’enquête menée par le Parc du Vercors en novembre 2003 sur la commune de St Julien en Quint, 24 personnes ont répondu être intéressées par l’accès à Internet rapide et permanent. Une localisation précise de ces utilisateurs potentiels a été effectuée, 85% sont connectables, et la quasi-totalité du territoire communal habité est couvert par le réseau.

2.4 La dimension financière

Le financement des opérations est assuré par le PNR du Vercors, le département de la Drôme, la région Rhône-Alpes, l’État (25%) et l’Europe (25%). Ces subventions ont payé les infrastructures et la première année d’abonnement.

La mise en place du réseau par les prestataires (Territoire sans Fil et Aramiska) s’élève à 41 262 €. Toutefois, les demandeurs n’ont pas encore accès au réseau (80% des demandeurs couverts) du fait des difficultés de couverture causées par la topographie de la vallée, le coût complémentaire pour la couverture totale du village est estimée à 22 703 €.

La Commune de Saint-Julien-en-Quint a pour sa part contribué avec les moyens mis à sa disposition par ses propres citoyens (tracteurs, divers matériel de génie civil).

Enfin, un accès satellitaire est facturé 5 300 € par an, et l’abonnement individuel est fixé à 25€ par mois, plus les premiers frais d’installation.

3- La mise en oeuvre du projet

3.1 Les étapes de mise en oeuvre

Fin 2001, le PNR du Vercors se prononce en faveur du désenclavement numérique du Vercors. Il commande au cabinet Tactis une étude sur l’état des infrastructures, les utilisateurs probables et l’établissement d’un schéma global pour le déploiement du haut débit. « Nous avons aussi lancé une enquête par le biais du journal du parc, qui nous a rapporté 500 réponses », rappelle Yann Buthion, une preuve d’intérêt jugée satisfaisante.

Le parc élabore alors un contrat numérique, cadre réglementaire, juridique et financier de l’opération haut débit, qui comporte quatre volets : le développement des usages et des services, six expérimentations pour déterminer les choix techniques, le déploiement à terme d’une fibre optique pour préparer l’avenir, et un programme de généralisation de l’accès au haut débit dans le parc. En attendant de disposer d’une solution globale, il est jugé nécessaire de répondre à la demande dans des localités où elle est particulièrement forte, étant donné la présence de télétravailleurs ou d’activités locales liées à l’informatique.

En 2002, suite au lancement par le parc naturel régional du Vercors du programme "Vercors Haut Débit", une enquête était menée dans trois communes volontaires de la partie drômoise du Parc (La Chapelle-en-Vercors, Saint-Martin-en-Vercors et Saint-Julien-en-Quint). Il s’agissait de connaître le nombre de personnes intéressées par une connexion haut débit mais aussi d’appréhender les technologies pertinentes, le montage juridique, ainsi que les ressources humaines et techniques disponibles localement au quotidien pour faire fonctionner les installations.

A la suite de cette enquête pour ces trois communes, il a été décidé, en 2003, de recourir à la technologie du satellite (par une connexion WiFi qui permet l’interconnexion d’ordinateurs sur des réseaux locaux sans fil, à haut débit, via les ondes radio), l’ADSL se révélant trop coûteux à mettre en oeuvre.

A l’image de plusieurs autres communes du Parc, Saint-Julien-en-Quint était très demandeuse d’un accès Internet Haut Débit mais aucun opérateur télécom ne souhaitait investir. Pour répondre à l’absence d’opérateurs décidés à investir pour l’installation d’accès haut débit sur son territoire et à la réelle demande émanant de professionnels et de particuliers installés sur la commune, la Mairie s’est portée volontaire en 2003 dans le cadre des expérimentations "Vercors sans Fil" en partenariat avec le PNR du Vercors pour l’installation d’un accès internet haut débit par satellite avec une diffusion WiFi sur le village.

Après un certain nombre de ralentissements dus aux reliefs et un partenariat réussi entre les services du Département de la Drôme et du Parc Naturel Régional du Vercors, Saint-Julien-en-Quint bénéficie depuis fin juin 2004 d’un accès internet haut débit par satellite à 2 Mbits et d’un maillage WiFi sur la majeure partie du village : une parabole satellite a été installée au sommet du village, un local technique (3m2) a été construit pour héberger l’accès satellite et le serveur d’authentification et deux antennes WiFi sont installées à proximité.

Les expérimentations débutent en 2004 avec Territoires sans fil, un prestataire spécialisé dans la fourniture d’accès Internet à haut débit sans fil, et PhéBus, une SSII de la région. « Nous avons d’abord eu recours au service satellitaire bidirectionnel d’Aramiska, avec 2 Mbit/s en voie descendante, 512 kbit/s en voie montante. Dans chaque site, nous installons une parabole et un réseau WiFi local pour la distribution auprès des abonnés », relate Yann Buthion.

Le vendredi 4 mars 2005, la Mairie de St Julien en Quint (26) a inauguré l’accès internet haut débit par Satellite avec une diffusion WiFi sur le village.

3.2 Les méthodes

« Nous pensions être limités à 2 Km, mais en fait, nous parvenons à exploiter le signal sur 5 Km environ avec les points d’accès Alvarion que nous avons mis en place  », souligne Yann Buthion, chargé de mission du PNR du Vercors.

Modèle original, dans chaque commune expérimentatrice se crée une association, qui devient opérateur local en prenant en charge l’abonnement, la facturation, et parfois le déploiement du matériel de réception. « Les membres de l’association vérifient que le signal est correct, puis l’abonné reçoit une antenne externe qui alimente soit une borne intérieure avec un sous-réseau sans fil, soit, dans la majorité des cas, une simple prise Ethernet, soit, dans le cas d’un hôtel, un réseau CPL », explique Yann Buthion.

Le satellite Aramiska permet le traitement, le décodage puis le renvoi de l’information vers deux antennes, une sur la partie Sud du Village et une, sur la partie Nord du Village. Grâce à cet accès satellite, (le débit mutualisé de 2Mbps vers les utilisateurs et 512 vers Internet) permet à l’utilisateur final un accès comparable à l’ADSL des zones urbaines (zones non dégroupées).

Toutefois, avec la faillite d’Aramiska (intervenu en 2006), le village a dû recourir à une autre méthode pour établir sa connexion au réseau. La solution retenue a consisté à relayer la commune à un village voisin disposant de l’ADSL. Ainsi, à partir du village de Vachère-en-Quint, on a mis en place une connexion avec l’antenne centrale de Saint-Julien-en-Quint, par le biais de l’antenne Sud de la commune. Le village est donc de nouveau connecté au net.

3.3 Les moyens techniques

La famille des standards WiFi permet d’établir un réseau sans fil sur des distances courtes (réseau local). Ces standards sont parfois associés à des antennes directionnelles pour établir des liaisons point à point.

Deux antennes WiFi sont installées à proximité du local technique. Une de ces deux antennes émet en direction du Serre de l’Homme (cette antenne permet aussi la couverture du bourg) et une antenne directionnelle remonte le flux vers un pylône TDF distant de 6.3Km, ce dernier dessert la partie nord de la commune inaccessible par ailleurs. L’accès privilégié à ce pylône TDF a été obtenu grâce à l’appui du Conseil Général de la Drôme, dans le cadre de son opération « Zones Blanches ».

Le raccordement chez le client final, s’effectue par l’installation d’une antenne sur le toit, connecté à un WET (modem) où est branché le câble Ethernet qu’il ne reste plus qu’à relier sur le PC.

Enfin, ce réseau local, depuis la faillite du fournisseur d’accès Aramiska, n’est plus desservi par voie satellitaire mais par le biais d’une liaison haut-débit sans fil vers la commune proche de Vachères-en-Quint.

3.4 Les moyens humains

Parallèlement à l’installation de cet accès haut débit, un groupe de travail a été mis en place par le Conseil municipal de Saint-Julien-en-Quint. Ce groupe de travail a permis de formuler un programme de formation à l’usage des nouvelles technologies de l’information et de la communication. Il s’agit d’un programme de vulgarisation de l’outil informatique, destiné aussi bien aux plus jeunes qu’aux personnes âgées. Des ateliers sont organisés par la commune pour former au langage et à la terminologie informatique, ainsi qu’à la sécurité, à la gestion des fichiers, à la navigation sur le Web, et à l’achat ou la réservation sur Internet.

Enfin, les moyens humains dévoués à l’aspect technique étaient essentiellement constitués par Aramiska jusqu’à son dépôt de bilan. Avec le raccordement à l’ADSL depuis Vachères-en-Quint, les moyens humains sont constitués par les habitants du village.

En effet, beaucoup de personnes se sont bénévolement engagées pour l’acheminement et l’installation du matériel.

Aujourd’hui, la maintenance des installations du réseau est assurée par une entreprise de Grenoble.

3.5 La communication sur le projet

Le massif du Vercors, à la pointe du développement des nouvelles technologies (réseau buissonnier, téléspace, etc.) a été très sensible à l’arrivée du WiFi. Avant même les débuts du projet, les habitants avaient montré leur enthousiasme par le biais de pétitions et de forum sur Internet.

Il est à noté que la commune ne possède pas encore son propre site internet, malgré les possibilités dont elle dispose maintenant.

4- Bilan et perspectives

4.1 Les éléments de bilan

Les objectifs réalisés

Le principal objectif de ce projet (la connexion au réseau Internet par une liaison haut-débit) a été réalisé, et ce malgré la faillite de l’opérateur initial du projet.

De fait, il n’est pas évident aujourd’hui pour une collectivité locale, géographiquement isolée, d’accéder au réseau internet par elle-même. Les principaux opérateurs sont des entreprises privées soucieuses de la rentabilité de leurs investissements.

Ainsi, s’est développée une fracture numérique entre les zones urbaines et les zones rurales isolées. De tels projets contribuent à réduire ce fossé.

Les points forts du projet

L’un des points forts du projet est son environnement, c’est-à-dire le PNR du Vercors. En effet, le Parc du Vercors est à l’avant-garde des nouvelles technologies. Le deuxième point est l’enthousiasme des populations locales à l’égard du projet.

Les points faibles

D’une part, la solidité de la collaboration entre les acteurs est un facteur qui pourrait menacer le projet dans l’avenir.

D’autre part, les points faibles du projet consistent en quelques détails techniques. Ainsi, il existe des problèmes liés au climat local et à la petitesse du réseau.

Enfin, le réseau initial ne dessert pas l’ensemble des usagers potentiels. Dans l’avenir, la municipalité souhaite donc satisfaire l’ensemble des demandeurs. En effet, l’habitat de montagne dispersé rend difficile le raccordement à l’ADSL.

Les perspectives d’évolution

L’étape suivante, lorsque les conseils généraux l’auront décidé, sera d’installer une fibre optique et d’assurer une desserte locale, probablement en WiMax quand la technologie deviendra accessible. Dans le cas de Saint-Julien-en-Quint, la mairie a aussi pour ambition d’acquérir une salle multimédia.

4.2 Appréciation du porteur de projet

Le village de Saint-Julien-en-Quint a fait figure de commune pilote en matière d’Internet rural. La commune reçoit régulièrement des appels de villages voisins concernant son expérience du numérique. Malgré la faillite d’Aramiska, la mairie a réussi à trouver une autre solution qui la satisfait tout autant. Ainsi certains objectifs ont été atteints et Internet a permis le désenclavement numérique d’une partie du village.

5- Critères d´évaluation

5.1 Innovation

Ce projet totalement innovant a été l’un des premiers projets d’Internet sans fil en France. Mais c’est surtout l’implication et la volonté des populations locales qui ont été remarquables.

Ainsi, les autres villages du Vercors et même d’autres départements essaient de suivre l’exemple. Cependant, il ne faut pas oublier que Saint-Julien-en-Quint est un petit village d’à peine 150 habitants. Donc, il n’est pas sûr que ce qui y a été réalisé puisse être reconduit ailleurs. L’équipement du village n’a pas nécessité d’énormes moyens. La réceptivité des habitants aux TIC sera sûrement facteur de pérennité. Le niveau technologique du parc du Vercors sera sans doute le facteur déterminant quant à la survie du projet.

5.2 Impact

Les retombées locales d’un tel projet ne se sont pas fait attendre : le projet a permis à un habitant du village d’obtenir un diplôme d’économie rurale, passé avec l’Université du Mans.

Internet permet aux enfants de l’école de faire des reportages qu’ils envoient aux autres écoles du département.

Le projet a aussi permis à certains habitants d’être en communication régulière avec leurs proches au bout du monde (New York, Californie, Nouvelle Calédonie).

5.3 Reproductibilité

L’initiative de Saint-Jean-en-Quint a intéressé de nombreuses autres collectivités. Toutefois si le coût d’une telle réalisation est resté relativement modeste, ce projet concerne un territoire réduit et donc difficilement applicable à des territoires plus vastes.

5.4 Pérennité

L’amélioration des techniques sans fil devrait permettre de pérenniser ce type projet, tout en améliorant les capacités du réseau local. Ceci notamment, avec l’émergence de la technologie WiMax qui permet d’obtenir un flux d’une qualité supérieure et ainsi de meilleurs résultats dans le développement d’expériences similaires

Contact :
DELLINGER Gérard
Liens vers d’autres Initiatives :
Vercors-Connect
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